La dette publique des États-Unis ou dette publique américaine, est la dette de l'État américain soit l'ensemble des engagements financiers pris sous formes d'emprunts par l'État ainsi que les collectivités publiques des États-Unis.
La dette augmente donc à chaque fois qu'une dépense publique (investissement ou fonctionnement) est financée par l'emprunt plutôt que par l'impôt, lorsque l'équilibre des comptes publics est en déficit.
Philadelphie accueille la première Bourse américaine[1], en 1790, pour que les investisseurs puissent y échanger le premier emprunt obligataire américain, de 8 millions de dollars, émis pour restructurer la dette des nouveaux États-Unis. Elle restera la principale Bourse américaine jusqu'à la Panique de 1837.
Les « Naval Acts » de 1794 et 1798 luttent contre les exactions des pirates franco-cubains par l'émission d'autres obligations pour financer la création d'une US Navy, les Anglais ayant confisqué les navires de guerre à l'Indépendance. La dette publique augmente vite car la première taxe sur les propriétaires terriens, étendues aux maisons et censée financer l'US Navy, déclenche la "Fries Rebellion".
En janvier 1835, pour la seule fois de son histoire, la dette publique au niveau fédéral est intégralement remboursée[2],[3].
En 1944, les accords de Bretton Woods organisent le système monétaire mondial autour du dollar américain, mais avec un rattachement nominal à l'or. Dans les années 1960, les États-Unis cherchent à s'affranchir de ce rattachement à l'or pour financer la guerre froide. Le , les accords de la Jamaïque confirment officiellement l'abandon du rôle légal international de l'or. Il n'y a plus de système monétaire international organisé.
La dette publique des États-Unis a deux composantes : les dettes du budget fédéral des États-Unis et les dettes des États et des collectivités locales.
Les dettes de l'État fédéral américain sont également appelées dette publique totale des États-Unis. Elles comprennent deux composantes : la dette détenue par le public et la dette intragouvernementale.
La « dette détenue par le public » est la dette du gouvernement fédéral américain qui est :
Il s'agit de fonds de la sécurité sociale américaine placés en bons du Trésor. Elle n'est pas mise sur le marché. En anglais, on parle de « Intragovernmental Debt Holdings ». Elle représente plus de 30 % de la dette de l'État fédéral.
Les dettes des États, municipalités et des collectivités locales des États-Unis sont des dettes publiques qui ne sont pas comprises dans l'agrégat officiel dette publique totale des États-Unis. Les dettes des collectivités locales américaines sont la plupart du temps exclues des présentations de la dette publique des États-Unis. En Europe, au contraire, les dettes des collectivités locales sont systématiquement incluses lors des présentations de la dette publique. Par exemple, la dette publique au sens de Maastricht inclut les dettes publiques locales. Cette différence de comptabilité fausse la plupart du temps les comparaisons entre la dette publique des États-Unis et celle de l'Europe.
D'après le site internet Usdebtclock, la dette des États américains au 28 août 2012 est de 1 097,468 milliards de dollars, et la dette des collectivités locales est de 1 727,356 milliards de dollars. Ainsi, la dette des États et des collectivités locales représentent 18,4 % du PIB des États-Unis[5].
année fiscale | Dette brute | % du PIB | Dette intra- gouvernementale |
Dette envers la Réserve Fédérale |
Dette détenue par le public |
% du PIB |
---|---|---|---|---|---|---|
1940 | -50,7 | 51,6 % | 7,9 | 2,5 | 40,3 | 41,1 % |
1945 | -260,1 | 114,9 % | 24,9 | 21,8 | 213,4 | 94,3 % |
1946 | -271,0 | 118,9 % | 29,1 | 23,8 | 218,1 | 95,6 % |
1950 | -256,9 | 92,1 % | 37,8 | 18,3 | 200,7 | 71,9 % |
1960 | -290,5 | 54,3 % | 53,7 | 26,5 | 210,3 | 39,3 % |
1970 | -380,9 | 36,3 % | 97,7 | 57,7 | 225,5 | 21,5 % |
1980 | -909,0 | 32,5 % | 197,1 | 120,8 | 591,1 | 21,1 % |
1990 | -3 206,3 | 54,2 % | 794,7 | 234,4 | 2 177,1 | 36,8 % |
2000 | -5 628,7 | 55,5 % | 2 218,9 | 511,4 | 2 898,4 | 28,6 % |
2005 | -7 905,3 | 61,3 % | 3 313,1 | 736,4 | 3 855,9 | 29,9 % |
2006 | -8 451,3 | 61,8 % | 3 622,4 | 768,9 | 4 060,0 | 29,7 % |
2007 | -8 950,7 | 62,5 % | 3 915,6 | 779,6 | 4 255,5 | 29,7 % |
2008 | -9 986,1 | 67,7 % | 4 183,0 | 491,1 | 5 311,9 | 36,0 % |
2009 | -11 875,9 | 82,4 % | 4 331,1 | 769,2 | 6 775,5 | 47,0 % |
2010 | -13 528,8 | 91,4 % | 4 509,9 | 811,7 | 8 207,2 | 55,5 % |
2011 | -14 764,2 | 96,0 % | 4 636,0 | 1 664,7 | 8 463,5 | 55,0 % |
2012 | -16 050,9 | 100,1 % | 4 769,8 | 1 645,3 | 9 635,8 | 60,1 % |
2013 | -16 719,4 | 101,2 % | 4 736,7 | 2 072,3 | 9 910,4 | 60,0 % |
2014 | -17 794,5 | 103,2 % | 5 014,6 | 2 451,7 | 10 328,2 | 59,9 % |
2015 | -18 120,1 | 100,8 % | 5 003,4 | 2 461,9 | 10 654,7 | 59,2 % |
2016 | -19 539,4 | 105,8 % | 5 371,8 | 2 463,5 | 11 704,2 | 63,4 % |
2017 | -20 205,7 | 105,4 % | 5 540,3 | 2 465,4 | 12 200,0 | 63,6 % |
Remarque : de 1942 à 1979, l'année fiscale commence le 1er juillet. À partir de 1979, l'année fiscale commence le 1er octobre.
Selon le FMI, les États-Unis seront le seul pays industrialisé à voir à moyen terme une augmentation de leur endettement public, de 107,8 % du PIB en 2017 à 117 % en 2023, du fait de la réforme fiscale votée par le Parlement sur proposition du président Trump[19].
Une loi est régulièrement votée par le congrès pour fixer un plafond d'endettement. La loi H. J. Res. 45 promulguée le 12 février 2010 relève le plafond de la dette de l'État fédéral américain à 14.3 billions de dollars[20],[21].
Le Congrès augmente à nouveau le plafond fin juillet 2011, après de très dures négociations politiques.
La falaise fiscale est la suspension de 607 milliards de dollars d'exemptions d'impôts et de subventions au premier janvier 2013 : baisses d'impôts de George Bush (297 milliards), baisses de cotisations sociales (95 milliards), allocations chômage temporaires, ainsi que de coupes de dépenses automatiques dans le budget fédéral (séquestration) à hauteur de 65 milliards de dollars. Celles-ci ont été votées lors du relèvement du plafond de la dette. D'après Natixis, la falaise budgétaire aura un impact récessif de 4 points de PIB sur l'économie américaine[22].
L'agence de notation financière chinoise Dagong, qui avait abaissé en juillet 2000 la note attribuée à la dette publique à long terme des États-Unis de « AAA » à « AA », puis l'avait abaissée à nouveau à « A+ », l'a encore dégradée à « A » le 3 août 2011. Dagong considérait que les différends entre les deux partis politiques américains sur la question du déficit auraient montré l'influence négative que le régime politique des États-Unis peut avoir sur la base économique du pays[23]. L'agence chinoise, qui donne à la dette à long terme la note « AA+ », abaissait ainsi la note des États-Unis au niveau de celle de la Russie[24].
Le 5 août 2011, l'agence de notation financière Standard & Poor's abaissait la note attribuée à la dette publique à long terme des États-Unis de « AAA », la note maximale, au niveau immédiatement inférieur (« AA+ »), ce qui n’était jamais arrivé auparavant à ce pays. De plus, l’agence qualifiait de « négative » sa perspective à long-terme sur le pays, avec la possibilité d’une nouvelle baisse de la notation dans les deux ans à venir. Elle justifiait sa décision par les risques politiques de voir le pays prendre des mesures insuffisantes contre son déficit public. La note de la dette à court terme restait cependant « A-1+ »[25].
Les détenteurs de dette publique des États-Unis sont soit nationaux, soit étrangers (foreign holders). Parmi les détenteurs étrangers, et comme l'indique le graphique, on relève qu'au cours des années 2000, la Chine (en rouge) supplante le Japon (en bleu clair) comme principal détenteur de titres de dette publique des États-Unis.