Directeur de la rédaction Esprit | |
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Jean Marie Gustave Domenach |
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Jean-Marie Domenach, né le dans le 2e arrondissement de Lyon et mort le dans le 14e arrondissement de Paris[1],[2], est un résistant, écrivain et intellectuel français catholique. Il fut l'un des représentants du courant appelé personnaliste.
Né à Lyon en 1922, Jean-Marie Domenach étudie au lycée Saint-Marc puis entre en classe préparatoire littéraire au lycée du Parc. D'une famille originaire d'Olette en Catalogne française, son père ingénieur Louis Domenach (1888 - 1968) s'est fixé à Lyon où il était directeur technique des câbles.
En 1941-1942, il anime la résistance des étudiants de l'Université de Lyon avec son ami Gilbert Dru. Stagiaire à l'École des cadres d'Uriage, il rejoint plus tard, en , le maquis du Vercors. Il dirige en 1945 la revue des Forces françaises de l'intérieur, Aux armes !.
Secrétaire, de 1946 à 1957, de la revue personnaliste Esprit, fondée par Emmanuel Mounier, il en reprend la direction après le décès de Mounier et de son successeur Albert Béguin, de 1957 à 1976. Avec Mounier, il soutient en 1949 la parution du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir. À partir des années 1950, la revue contribue à la création d'une gauche modérée (anti-communiste) en France, soutenant en particulier les dissidents du bloc de l'Est. Les critiques à l'égard de l'URSS n'empêchent cependant pas Domenach de s'opposer à la communauté européenne de défense, se plaçant ainsi en porte-à-faux vis-à-vis du MRP démocrate-chrétien dont il est par ailleurs proche. Domenach fait connaître en France, après mai 68, Ivan Illich, et ses idées d'autonomie, d'écologie politique, de convivialité. Il introduit également l'idée de sérendipité[3].
Militant au lendemain de la guerre dans le Mouvement de la paix, dont il est ensuite exclu pour avoir refusé de dénoncer en Tito un « agent de l'impérialisme américain »[4], Domenach lutte pour la décolonisation en Indochine et en Algérie, soutenant de Gaulle. Il témoigne en 1951 lors des procès de l'Organisation spéciale (OS), affiliée au MTLD de Messali Hadj, où la défense avait allégué la pratique de la torture pour extorquer des aveux[5]. Il participe aux Brigades de travail en Yougoslavie à la même époque.
Il est membre de la rédaction du journal clandestin Vérité-Liberté[6] qui, en 1960, publie le Manifeste des 121, titré « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie » et signé par des intellectuels, universitaires et artistes.
Il crée le avec Michel Foucault et Pierre Vidal-Naquet le Groupe d'information sur les prisons. Il participa, en 1974, aux « Assises du socialisme » organisées par le Parti socialiste. En 1978, il soutient les boat-people vietnamiens, avec, notamment, Raymond Aron et Jean-Paul Sartre.
À partir de 1978, il prend part au Comité des intellectuels pour l'Europe des libertés[7].
Directeur des études du Centre de formation des journalistes de 1978 à 1980, il est ensuite, de 1980 à 1987, professeur au Département des humanités et sciences sociales de l'École polytechnique, où il dispense notamment un cours intitulé « Approches de la modernité »[8].
Il y fonde en 1982 avec Jean-Pierre Dupuy, sur la base de réflexions préliminaires de Jean Ullmo, un centre de recherches en sciences cognitives et épistémologie, le CREA, dont une partie des travaux seront consacrés à la pensée de René Girard.
Il a tenu des chroniques dans plusieurs revues dont le magazine canadien Maclean's, L'Expansion, et France catholique. Il a participé au club « Politique autrement ».
Il meurt à 75 ans, le d’une crise cardiaque[9]. Il a été inhumé à Saint-Beauzire dans la Haute-Loire[2].
Il est le père de Jean-Luc Domenach et de Nicolas Domenach, et le grand-père de l'auteure et réalisatrice Léa Domenach.