La conférence Nord-Sud de Cancún eut lieu au Mexique, du 22 au . De son nom complet « conférence Nord-Sud de Cancún pour la Coopération internationale et le Développement », elle était destinée à sortir les pays d'Amérique latine du cercle vicieux de l'endettement[1], et fut l'unique sommet « Nord-Sud »[2],[3]. Elle rassembla 22 pays[4].
La conférence devait initialement se dérouler début juin 1981, mais son report les 22-23 octobre 1981 a été annoncé le 15 mars[5]. Le 21 octobre 1981, tous les participants ont diné ensemble. Dès son arrivée, François Mitterrand s'est entretenu une heure avec Chadli Bendjedid[6]. Il affirme avant le début de la conférence « La conférence de Cancun offre une chance historique à la paix »[7]. Le sujet principal de l'évènement portait de savoir si on admettait ou non qu'à la suite de cette conférence, les grands problèmes du monde soient discutés entre tous les pays du monde, ce qui n'était pas encore le cas alors[8].
François Mitterrand y fit l'un de ses premiers déplacements officiels à l'étranger, et y prononça un discours[11] sur la nécessité de modifier les termes de l'échange entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement[4] ; il y affirme la volonté de la France de contribuer activement au développement du Tiers Monde par la coopération[12]. Le Premier ministre chinois demande « l'établissement d'un nouvel ordre économique international[13] ».
Même si cette conférence fut exceptionnelle pour l'époque, elle n'eut pas de suite[14]. Son insuccès (partiel[15] ou total[3],[9],[16],[17] selon les sources) fut expliqué notamment par la mauvaise volonté des États-Unis (par le biais de leur président Ronald Reagan[3],[9]), mais également par le fait que les autres pays industrialisés n'y étaient pas prêts[18]. En 1982, une crise financière, commencée au Mexique, atteint les autres pays latino-américains, tous fortement endettés. Le Mexique se déclare en faillite le 12 août 1982. Les gouvernements étrangers, le FMI et les grandes banques rééchelonnent la dette de ces pays, qui passe du court terme au long terme.
Elle inspire au peintre péruvien Herman Braun-Vega le tableau intitulé Les tricheurs à Cancún[19] (1984) qui est basé sur Le Tricheur à l'as de carreau de Georges de La Tour dont il extrait les 3 joueurs de cartes pour les placer en bord de mer et leur adjoindre deux personnages, deux femmes typiquement sud-américaines de condition sociale modeste. L'une d'elles prend la place de la servante dans le tableau de Georges de La Tour. L'autre se retrouve attablée dans la même situation que le joueur berné. Comme dans son tableau Bonjour Monsieur de la Tour réalisé quelques années plus tôt déjà autour de la thématique Nord-Sud, les personnages sud-américains symbolisent les pays du Tiers Monde et les personnages de De la Tour, les pays occidentaux qui souhaitent conserver les pays du Tiers Monde à leur service[20]. Il fait une autre version de ce tableau en 2003 Les tricheurs à Cancún n°2[21] dans lequel les pièces d'or sont remplacées par des jetons.
↑(es) Seymour, « Herman Braun: Pintura, Historia e ironía crítica » [« Herman Braun: Peinture, Histoire et ironie critique »], Supplément dominical de El Comercio, Lima, , p. 7 (lire en ligne)
↑« Braun-Vega, maître de I'interpicturalité » (Tableau reproduit en page de couverture), Espaces Latinos, no 208, , p. 1 (lire en ligne)