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Françoise Benzécri-Le Roy (d) |
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Cours Peccot () |
Jean-Paul Benzécri, né le à Oran et mort le à Villampuy[1],[2], est un mathématicien et statisticien français, professeur à l'Institut de statistique de l'université de Paris (ISUP) et à l'université de Rennes dans les années 1960.
Ancien élève de l'École normale supérieure (1950), agrégé de mathématiques (major, 1953)[3] et fondateur de l'école française d'analyse des données dans les années 1960-1990, Jean-Paul Benzécri développe des outils statistiques, dont l'analyse factorielle des correspondances qui permet de traiter et d'analyser de grandes masses de données notamment des textes littéraires (comme par exemple la datation des oeuvres de Platon). Il collabore avec Pierre Bourdieu pour intégrer les méthodes statistiques dans le domaine de la littérature et abolir le clivage entre ces disciplines[4].
Il était professeur à la faculté des sciences de Paris puis à l'université Pierre-et-Marie-Curie, auxquelles l'Institut de statistique de l'université de Paris est successivement rattaché. Il a en particulier crée et animé la revue les Cahiers de l’analyse des données qui parut entre 1976 et 1997 et est aujourd'hui entièrement accessible librement en ligne.
Avant de s'orienter vers les statistiques, il avait soutenu sous la direction d'Henri Cartan une thèse remarquable sur les variétés affines (autrement dit les variétés admettant une connexion sans courbure ni torsion), où il démontrait que la caractéristique d'Euler-Poincaré d'une surface affine plate compacte est nulle.
Il meurt le .
Influents dans divers domaines en Sciences humaines et sociales, les travaux de Benzécri ont fait l'objet de nombreux hommages dont celui de Valérie Beaudouin aux Journées internationales de données textuelles en 2016[5].
Lors de ses études à l'École normale supérieure, il est un jour jeté dans le bassin de la cour aux Ernests du bâtiment de la rue d'Ulm pour avoir « trop assumé son appartenance à la droite »[6].
« Issus en grande partie des travaux de Jean-Paul Benzécri, ces outils ne sont pas simples à construire, et parfois leur écriture en langage mathématique est absolument décoiffante ! Pourtant, Bourdieu arrive à en appréhender les principes fondateurs, à la suite des échanges entre les deux chercheurs, qui se connaissent depuis l’École normale. Leur optique était claire dès les années 1950, comme le notait Jean-Paul Benzécri en 2005 : « le savoir ne se sectionne pas ! ». Par leur amitié, ils ont fait fi de ce clivage absurde entre « littéraires » et « scientifiques », aboutissant à une collaboration intellectuelle extrêmement productive. Et surtout à ce que Bourdieu, le littéraire, arrive à développer une culture statistique essentielle à l’utilisation adéquate des outils d’analyse de données. Il n’y a en réalité aucune fatalité, aucun découpage « naturel » du monde entre « ceux qui sont capables » de « faire des stats » et les autres. Il y a une construction sociale extrêmement questionnable qui provoque la mise à distance d’une part gigantesque de la population d’un savoir pourtant de plus en plus utile. »